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copper land

Le désert de l’Atacama, au nord du Chili, est le plus aride du monde. Ce n’est pas par hasard si, depuis des décennies, les astrophysiciens du monde entier choisissent d’y installer leurs télescopes les plus performants : l’observatoire américain de Las Campanas puis le VLT européen, le plus grand télescope sur terre, scrutent un ciel jamais couvert, sans une once d’humidité, de pollution ni lumière urbaine.

Ce ciel d’une pureté inégalée ne donne pas des torticolis qu’aux astronomes. Tout ici persuade le visiteur qu’il est sur une autre planète que la Terre. D’un bleu anormalement profond à cause de l’absence totale de particules dans l’air, le ciel n’est pas celui auquel il est habitué. Il lui donne l’impression d’être déjà un astronaute dans la stratosphère, flirtant avec le vide spatial. Il contraste brutalement avec une terre rouge veinée, martienne, saturée de cuivre.

La richesse du Chili doit pour beaucoup au cuivre. Extrait dans l’Atacama, il est exporté en très grandes quantités pour composer tous les fils électriques, téléphoniques et les bobines d’appareils électriques de la planète. C’est l’un des éléments physiques nécessaires aux réseaux d’information caractéristiques de notre nouveau siècle. A l’instar d’une planète lointaine que l’on aurait colonisée pour exploiter un élément dont la civilisation est friande, comme la planète Dune de Franck Herbert qui fournit la précieuse épice, l’Atacama semble ne servir à l’homme que pour extraire le cuivre dans des proportions titanesques. La mine de cuivre de Chuquicamata, la plus grande du monde à ciel ouvert avec ses bulldozers colossaux, témoigne de cette mise à profit délirante de ressources.

Dans ce décor extraterrestre, l’intervention de l’homme est décidément toujours un peu saugrenue, inattendue. Bien plus que les paysages grandioses, ce sont ces touches de déraisonnable qu’Adrien Carpentier a voulu faire découvrir sur la planète Copper land.